La résurrection de Lazare avec l'usage d'un membre en moins

1/3/2015

Note: J'ai intitulé ce billet «La résurrection de Lazare...» car je suis sortie de l’hôpital le 23 février (lundi) et puisque cette date en France marque la fête des Lazare au calendrier (et aussi l'anniversaire de naissance de feu ma mère), c'est un peu comme si je ressuscitais après une lourde opération et 2 semaines passée au soins intensifs. Je suis revenu à la vie si je peux dire ainsi mais cependant, pas tout a fait comme je l'aurais imaginé!

En quelques mots le déroulement de mon intervention médicale de l'entré à la sortie

Mardi 10 février 16h00 j'arrive à l’hôpital et je suis installer dans une chambre temporaire où nous étions deux patients en attendant pour moi la grande opération qui a lieu le lendemain en début d'après-midi ou je serai normalement par la suite transféré aux soins intensifs (surveillance continue en France). La soirée se passe bien et j'ai droit à un dernier repas pour être à bien jeun au mercredi rendu et ne plus boire d'eau en ce matin là à compter de 10h00. Bien sur pendant la nuit ont me prend la tension plusieurs fois tout comme mon niveau de température et tout me semble normal. Tant mieux. Je réussi tout de même à dormir par bout malgré mon anxiété de l'intervention à venir dans moins de 24 hrs.

Au réveil mercredi matin je me dis ça y est c'est aujourd’hui que ça passe. Sa passe ou sa casse comme ont dit. Ma femme arrive vers 11h00 heures, heure permise pour les visites, et reste avec moi jusqu'à mon départ en brancard vers 12h25 pour la salle d'opération. Le temps d'un dernier baiser et me voilà sur le chemin d'un nouvel état d'être me dis-je.

Je resterai environ 1 heure 20 dans la salle de préparation ou je suis scoper (ordinateur avec des électrodes qui mesure les fréquences cardiaques) et je patiente tout en somnolent un peu du au tranquillisant que l'on m'a faite prendre avant d'arriver.

Finalement ont vient me chercher et mon cœur commence a battre. Rendu dans la salle d'opération je sais qu'il ne me reste plus grand temps de conscience tout en observant le matériel en place, les chirurgiens, le personnel médical et l'anesthésiste. Ont m'attache les jambes et le bras gauche tel le Christ sur la croix et l'on me met un masque sur la bouche. Et tout ce que je me souviens avant d'être endormie est: Respirez! Respirez monsieur! Je prendrai mon souffle 8 fois environ dans ce masque et plus rien. S'en était faite. J'étais complètement naz.

Je reprend conscience dans la salle de réveil autour de 20h30 et je constate que je suis toujours vivant et que c'est enfin faite et je repart dans les brumes. Comment cela s'est-il passé et est-ce une réussite me posais-je comme question? Je le saurai que le lendemain matin m'endormant sur mes interrogations et ce toute la nuit sous l'effet de la morphine et des produits anesthésiants faisant encore effet. L'intervention aura durée 4 heures en bout de ligne donnant du file à retorde aux chirurgiens comme j'ai su plus tard qui ont du changer la manière prévue de faire du a ce qu'il découvre à l’intérieur de mon système viscéral

Jeudi au petit matin j'ouvre les yeux réveillés par les infirmières et les aides soignantes qui sont autour de mon lit ou je suis branché un peu de partout. De l'oxygène par les narines, un tuyau d'alimentation dans la veine jugulaire au cou, des électrodes plein la poitrine, une sonde dans le membre masculin et deux drains implantés entrant/sortant sur la gauche de mon ventre. J'aurai plusieurs jours a passer comme ça. Je baisse la couverture pour voir les cicatrices laissées sur mon ventre mais bien sur elles sont recouvertes de pansements. Tout me semble correct.

Il est difficile de bouger dans cette situation câblé a bloc mais lorsque je tente de bouger pour me positionner autrement quelque chose me semble anormal. Je demande à une infirmière s'il est normal que mon bras (le gauche) ne fonctionne plus ou très peu n'arrivant qu'a le bouger partiellement. Normalement le plus gros des effets de l'anesthésie sont passées après 12 heures. Je le sais puisque ce fut la quatrième fois que je me fais anesthésier depuis octobre dernier. Quand je me suis rendu compte dans le regard de l'infirmière que cette situation n'était pas normale et qu'elle répond pas en allant chercher le recours de l’anesthésiste de garde et un des deux chirurgiens pour constater ce qui se passe, je comprends que ça ne tourne pas rond. Et ont confirmera mes doutes. Des connexions nerveuses du cou jusqu'aux doigts sont désactivées, rompues, inertes! Çà m'donne tout un choc. J'ai perdu l'usage de mon bras gauche. Je ne sais si tout cela est bien réel voulant croire le contraire mais non. Dur d'encaisser cette situation. Je ne l'accepte pas! Je repars dans les brumes ne me souvenant plus encore une fois ce qui se passera le reste de ma journée car j'étais démolit dans ma tête.

La convalescence au suite des opérations d'une tumeur dans ma vessie, de l'ablation de 30 cm d'intestin et de la réparation d'une fistule, ne sera pas facile conjugué avec l'état de ce bras. Rien d'encourageant et c'est pas demain la veille me dis-je avant de sortir d'ici et dans quel état physique que je devine mais surtout mental!


L'opération s'est bien déroulée m'a t-on dit et les 5 jours qui la suive sont déterminant pour conclure à une réussite à savoir si il y a récidive, inflammation, infection ou déchirure qui se formerait durant ce temps critique. De ce côté au bout du cinquième jour tout va à la normale et suit son cour mais je fais tout de même une montée de fièvre importante en cette journée et j'ai le moral complètement à plat du à mon bras à travers ça en plus d'avoir chopper un foutu hémorroïde.

Vous savez pour un musicien perdre l'usage d'un bras est un peu comme le marathonien perdant l'usage d'une jambe. C'est catastrophique. Sans compter toute les p'tit'es choses de la vie au quotidien qui requiert normalement l'usage de tous ses membres et sens et pour ma part avec l'usage d'un bras en moins oui pas évident pour faire sa toilette, manger, s'habiller ou simplement faire un câlin, écrire cet article et bien bien bien d'autres choses. Je ne suis pas prêt d'accepter cette situation mais j'ai pas le choix mrd de mrd. Et sans faire de jeux de mots je me dois de retrousser mes manches et de le faire fonctionner ce bras. A compter de lundi prochain, soit le 2 mars, je ferai de l'ergothérapie et de la physiothérapie 5 jours/semaine dans un centre de réadaptation et j'attends toujours à ce jour d'avoir rendez-vous avec un neurologue pour passer un neuroélectromyogramme qui est une technique médicale qui permet d'enregistrer, avec un électromyographe, les courants électriques qui accompagnent l'activité musculaire. Il permet d'étudier le système nerveux périphérique, les muscles et la jonction neuromusculaire et établir un électrodiagnostic. A partir de cet examen je saurai plus en quoi m'en tenir. Malgré tout avec des exercices que j'ai entrepris deux jours suite à mon opération et ce jusqu'à maintenant, j'ai retrouvé une certaine mobilité avec mes doigts, ma main et je suis capable de bouger mon bras de quelques façons mais il reste beaucoup beaucoup à faire. Cela pourrait prendre 6 mois ou bien ne jamais revenir comme avant comme ont m'a dit au pire des pires et rester comme tel. Mais je compte bien ne pas en rester là et faire les efforts qu'il faut pour me rétablir peu importe le temps. Et m'a vous dire, c'est pas parce que ça me dis de la faire car cette situation me parait comme un cauchemar chaque fois que je me réveil mais que faire d'autre? M'appuyer sur mon sort? Maudire la vie? Non car tant que je verrai le moindre espoir, je m’accrocherai même si parfois je sais que ça ne sera pas toujours drôle...

Heureusement à travers ces épreuves j'ai pu compter sur la présence au jour le jour de ma tendre épouse qui a eut tout un choc elle aussi au lendemain de mon opération lorsque je lui ai apprise que j'avais perdu l'usage d'un bras. Mais tout comme moi elle ne perd pas espoir et elle fut bien fier de son homme par rapport à mon attitude de l'entré à la sortie de l'hosto. Et puis elle était bien sexy ma Sylvie Édith avec sa Charlotte sur la tête et son sarrot obligatoire pour les visites lorsqu'elle venait me voir hihi.

Je serai resté 14 jours aux soins intensifs avant d'avoir mon congé d’hôpital et enfin retrouver mon chez-moi et ma femme (aussi le chien, les deux chats et les deux perruches). Je dois avouer que les 10 premiers jours passé aux soins intensifs ne furent pas aisé sans entrer dans les détails.

Voilà c'était en quelques mots un résumé de mon intervention médicale et à ce jour, soit ce dimanche 1 mars car je n'en avais pas la force avant ou je publie cet article, plus besoin d'infirmière à domicile depuis avant hier car je n'ai plus de pansement à faire changer tout comme de désinfecter mes cicatrises qui sont joliment rétablies. Que des médocs à prendre pour les douleurs malgré que je suis totalement épuisé et que je n'ai pas repris de poids. J'ai des maux de ventre mais ça fait partie de la convalescence et enfin lol je peux aller au WC «normalement». Je dis normalement car ce n'est plus tout a fait comme avant avec des modifications en cours et j'ai toujours la peur au ventre...

Je crois bien en résumé que cet opération fut un grand plus pour mon corps qui se faisait trop malade comme douloureux à certain niveau depuis des mois, des semaines mais putain de bordel de shit je n'aurai jamais penser de ma vie me retrouver avec un handicap qui n'a pas rapport avec ce pourquoi je suis passé sur la table d'opération!!


 

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