Moi, un héros?

15/5/2009

Le journal intime de Dany-Daniel Gabriel / Un photo blogue en musique

d'un auteur-compositeur-interprète de Sherbrooke en Estrie au Québec


blogue sherbrooke nature

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Moi, un héros?

En 44 ans de ma vie je ne me souviens pas de m’être fait appeler ainsi une seule fois: un héros! Et pourtant je n’ai rien fait d’héroïque et je n’ai rien de cette graine en moi dans le sens propre du terme mais il me semble bien avoir touché le cœur de la belle au bois dormant comme l'appelle tendrement la sœur supérieur et mon cœur aussi dans cet endroit où nous laissons aller nos âmes d'adolescents et d'adolescentes dans la nature en arrière d'un couvent près d'un cimetière dans un lieu de méditation que nous faisons évoluer chaque années depuis trois ans.  C'est mon travail annuel sur trois saisons.  Et j'aime ce que je fais. Dans ma vie, le bien être compte plus que la richesse vous savez. Et  ce, sur plusieurs plans... Mais ce n'est pas le sujet du jour.

C’est une amie avec laquelle je «boss» parfois au bois cette jolie princesse au yeux bleus donc il est question dans ce billet. Voici la petite story… Si vous n’aimez pas les histoires vrais à l’eau de rose, pas la peine de lire cet article. Ce n'est ni un histoire d'amour et de bravoure. Mais peut-être celle d'un amitié un peu plus forte...

Jeudi était une journée un peu pluvieuse mais incorporée de très grands vents sur une grande partie du Québec et Sherbrooke, là où j’habite et travaille, n’y à point échappé. Et suite à une discussion avec mon patron, j’avais le libre choix de me rendre au boulot ou non à cause bien sur du très mauvais temps qui faisait. Mais j’ai besoin de ce travail si vous voyez ce que je veux dire et de toute façon, j’avais envi aussi d’un peu d’aventure. Aller up! C’est partie pour le bois pour l’après-midi toujours! Et je l'ai eu ma petite aventure hihi

Vous savez de l’expression «un temps à écorner les bœufs», et bien c’était le cas de le dire. Y’a des arbres et des conifères qui étaient sorties de leurs berceaux lorsque je suis arrive à la « job » et notamment un magnifique saule pleureur qui malgré leur apparence majestueux, sont fragiles et à finit cassé en deux. Et les vents sont toujours en vigueurs et avec force.

Tout a coup j’aperçois dans l’antre du bois mon amie fleuriste et paysagiste qui était venu affronter aussi « mer et marée » si j’peux m’exprimer ainsi. La première chose qu’elle me dit en me voyant est qu’il est dangereux de rester ici… Et de rajouter qu’elle croyait être folle me dit-elle de rester là par un temps pareil et qu’elle était sur le point de partir. Mais nous voilà deux fous maintenant ajoute-elle et pas question pour moi de faire demi-tour et j’avais besoin de faire une tournée des lieux aussi pour évaluer les dégâts et prévenir ceux à venir.  C'est quand même en pareil situation ma responsabilité en l'absence de "patronat". Il faut dire, que nous sommes dans un endroit bien propice à recevoir de tout bord tout côté, arbres et branches déferlés par la symphonies de la nature en mode « fortissimo » sans compter les accessoires de la place.  Elle décide donc de se joindre à moi malgré tout pour faire la tournée des 12 stations du chemin mystique la brave dans ce fameux bois. Et m'as vous dire le tout fut pour mon plus grand plaisir dans des circonstances "spéciales" pour moi qui avait besoin d'un peu d'aventure aux travers quelques sous à faire et en très belle compagnie, un gars est aux anges dans ces fonctions... 

Tout est quand même pas si pire en cour de route nous constatons. Que des branches un peu partout et du matériel dispersés mais vers la dernière station, un arbre qui était attaché s’est relâché et à atterri sur un vitrail qui s’est déplacé de son socle. Et les branches nous arrivaient en plein visage et obstruait le passage. Nous n’avons pas été atteint ceci s’était fait les instants avant mais nous n’étions pas pour laisser cela comme ça. Alors je propose sur le champ d’aller chercher les outils nécessaire et de couper l’arbre en question. Ce qui libérera le passage et donnera la chance de replacer temporairement le vitrail en attendant que le temps se fasse meilleurs les jours à venir.  Mais mon amie, qui est une amante inconditionnelle de la nature, je dirais même qu’avec son côté très solitaire et à la limite presqu’antisociale, qu’elle la préfère à l’humain mais quoi qu’il en soit, j’ai bien ressentit dans ses mots et vue dans ses yeux qu’elle souhaiterait bien une autre solution que celle que je passe à la coupe de l’arbre.

Et bien ce que femme veut comme ont dit… Alors, avec de la grosse corde que je me sers comme levier, je crois qu’il est possible de relever l’arbre en question, de le sauver, mettre de la joie et un sourire dans le cœur de ma belle au bois dormant et ainsi dégager la place. Mais y arriverai-je de tout faire ça en même temps?

Le vent souffle toujours sa mélodique et dans ses saccades la pluie se fait un peu plus forte. Me voilà avec le câble et j’entoure l’arbre à soulever. Mon amie forçait avec moi et à trois bras nous réussissons à le lever juste assez haut du sol pour que je puisse de l’autre main lancer l’autre bout du câble pour qu’il puisse faire le tour d’un second arbre et rattraper la corde à son retour. C’est réussit d’un coup. Je m’y prend rapidement à deux mains sur la grosse corde pendant que la belle maintient toujours sa position. Le contre poids devient moins lourd pour celle-ci à mesure que je tire le fil. Mais où vais-je prendre cette dernière force pour donner un ultime élan pour le lever complètement cet abominable arbre. Et nous n’étions quand même pas pour rester comme ça toute la journée planté sous vents et pluies dans cet état.

J’enroule alors fermement autour de mes mains cette corde qui me tirait et serrait beaucoup les poignets avec la lourdeur de ce qu’il y avait au bout. Et les deux pieds contre les racines d’un arbre, prêt à un ultime effort, il me semble revoir cette image de mon amie penchée sous l’arbre un peu comme si elle tenait la terre sur ces épaules pour la maintenir en place avec son trop plein d'océan qui se verse comme une pluie (et c'est la cas de la dire) sur sa personne comptant sur moi et de me transmettre avec cette expression qu’elle avait dans le visage que je n’oublierai pas de sitôt: tu es mon héros aujourd'hui! Et bien, mon cœur a fait tellement de tour, que j’ai soulevé d’un coup en tirant de toute mes forces ce fameux arbre qui s’en lui, cette petite aventure n’aurait été…

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